Pourquoi les islamistes détestent la démocratie ?

April 5, 2016

 

 

Les jihadistes présentent la démocratie comme une religion
 

Les islamistes radicaux cherchent à diviser en prétendant qu'Islam et démocratie sont incompatibles. Ils présentent la démocratie comme une religion dont il faut se désavouer.  Celle-ci permet pourtant une diversité d'opinions, contrairement au régimes extrémistes qui ne laissent aucun choix. Ils ordonnent de croire en Allah et rien qu'en lui, accepter la démocratie reviendrait à croire en de fausses divinités. Selon eux, toute personne qui vit dans un système démocratique considérerait le législateur comme un dieu. Le châtiment serait alors terrible : nous serions « perdants dans l'Au-delà ». Rien que ça...

Pour nous faire croire que toute cette théorie est inscrite dans des textes religieux, les jihadistes utilisent ce passage du Coran : « Et quiconque désire une religion autre que l'Islam, ne sera point agréé, et il sera, dans l'au-delà, parmi les perdants » (Coran 3:85).  Le sens du mot « religion » est élargit pour y inclure toute méthode, système de jugement ou loi créés par les hommes. Parmi les prétendues « religions » haïes par les jihadistes figurent ainsi la démocratie ou le sécularisme (qui, en séparant Eglise et Etat, permet justement de se protéger de l'obscurantisme religieux). Au-delà de la malhonnêteté de l'argument, on notera une fois de plus que l'interprétation littérale des textes par les radicaux qui souhaite l'Enfer à toute personne ne partageant pas leur croyance.

 

Derrière la haine de la démocratie, une haine du sécularisme
 

Les jihadistes veulent opposer la Constitution et le Coran. Ce serait ou l'un ou l'autre. Appliquer les lois humaines reviendrait à ne pas suivre le Coran. Or, on sait que la démocratie permet l'exercice libre des cultes, elle ne le remet pas en cause.

Les jihadistes haïssent le sécularisme car il permet la libre pratique des cultes

 

Derrière cette haine de la démocratie se cache en réalité une haine du sécularisme. Pour s'en convaincre, il suffit de lire le blog jihadiste Dar al-Murabitin qui déclarait récemment : « La démocratie est le résultat malfaisant du sécularisme, son enfant illégitime, car le sécularisme est une doctrine fausse visant à séparer le religieux du politique ». Les jihadistes haïssent donc la démocratie pour les libertés qu'elle offre, et ils haïssent encore plus le sécularisme, car il protège nos libertés de l'obscurantisme religieux.

 

L'absence de droits et libertés au sein des groupes islamistes violents
 

La démocratie offre en effet de nombreux droits et gages de liberté. La règle de la majorité permet à chacun de s'exprimer. L'existence d'une Constitution protège les droits et libertés des citoyens. La séparation des pouvoirs permet qu'ils ne soient pas concentrés entre les mains d'une seule personne ou d'un groupe de personnes. Le pluralisme politique permet l'expression d'une diversité d'opinions dans le débat politique. La démocratie, « gouvernement du peuple, par le peuple, pour le peuple », effraie donc les jihadistes, qui renient à ce peuple le droit de penser différemment, ou même le droit d'aller et venir.

 

Rien de tout cela n'existe sur les territoires de Daesh par exemple. Le droit de vote n'existe bien évidemment pas. Les citoyens sont otages de cette politique, doivent subir les choix de l'organisation terroriste. Ainsi, des familles syriennes se voient contraintes d'obéir aux décisions arbitraires de jihadistes. Ces citoyens ne sont aujourd'hui protégés par aucune Constitution, ce qui permet aux jihadistes d'appliquer la vision la plus barbare de la charia (lapidation de femmes adultères, exécutions d'homosexuels, amputation des voleurs, amende ou prison pour ceux qui osent fumer, interdiction d'écouter de la musique etc...). Comme dans tout régime dictatorial, les pouvoirs sont concentrés entre les mains d'un petit groupe (de terroristes). Enfin, le pluralisme politique est évidemment absent chez les jihadistes.

 

L'exemple de la liberté d'expression

 

Quant aux libertés garanties par la démocratie et refusées par Daesh, pour n'en citer qu'une, prenons l'exemple de la liberté d'expression. Dans notre démocratie, cette liberté est quasi-totale, simplement encadrée par quelques limites aisément compréhensibles, comme l'incitation à la haine. Cette notion semble échapper aux jihadistes, même s'ils la mettent en pratique quotidiennement sur les réseaux sociaux. Au contraire, sur les terres occupées par Daesh, il est impossible de contester, même pacifiquement, le pouvoir en place, sous peine d'être exécuté. La même sanction s'applique à toute personne souhaitant fuir ce « califat » autoproclamé...

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