Burkina Faso : un projet local pour scolariser les enfants qui fuient la violence jihadiste

January 3, 2019

 

Lorsque l'on évoque le terrorisme jihadiste, des pays comme la Syrie, l'Afghanistan ou l'Irak nous viennent rapidement à l'esprit, cependant ce phénomène touche de plus en plus le Sahel. L'exemple du Burkina Faso ( Afrique de l'Ouest ) en témoigne, un pays qui a subi ces dernières années de nombreux attentats et des kidnappings ciblant civils et militaires. Ces évènements ont eu des répercussions désastreuses pour la population locale, d'après l'agence des Nations Unies pour les réfugiés, 90 Burkinabés en moyenne fuient leur foyer chaque jour depuis 2016, la moitié sont des enfants selon le BCAH (Bureau de la coordination des affaires humanitaires). Ces personnes viennent essentiellement du nord du Burkina Faso, plus particulièrement de la province du Soum, et se réfugient vers le sud du pays. Les habitants qui n'ont pas pu se déplacer ou qui ont fait le choix de rester sont confrontés à des risques quotidiens.

 

L'éducation des enfants burkinabés est menacée

 

Le déplacement de la population a eu des répercussions importantes sur l'apprentissage des enfants. L'enseignement dans un tel contexte est devenu quasi impossible, avec la difficulté de trouver des enseignants de qualité, qui sachent également gérer l'aspect psychologique des enfants. Ces derniers sont en effet terrifiés et se remémorent souvent les attaques subies dans leur région, touchant parfois leurs proches. L'élément le plus préoccupant concerne leur sécurité et celles des professeurs, qui se voient directement menacés par des militants du groupe Ansarul Islam lié à Al-Qaida . Les jihadistes estiment que les cours dispensés dans ces écoles seraient trop occidentales et contraires aux valeurs islamiques, avec un enseignement en langue française et un programme déconnecté de leur vision extrémiste de la religion musulmane. Les conséquences ? Plus de 600 écoles fermés par peur de représailles terroristes.

 

Le gouvernement tente tant bien que mal d’organiser des sessions de rattrapage pour les enfants qui n'ont pas pu fuir les régions à risques, mais cela apparait insuffisant au vu du nombre d'élèves à recevoir. Une école privée, le CEFISE basée à Ouagadougou, a également relevé le challenge de recevoir des élèves confrontés aux attaques jihadistes.

 

Le CEFISE, une initiative à encourager

 

Le CEFISE ( le Centre d’Education et de Formation Intégrée des Sourds et des Entendants ) est une institution qui a été fondée en 1988 par Abel Kafando et son épouse Thérèse Kafando. Un projet local qui souhaite favoriser l'éducation, la formation et l’épanouissement des personnes sourdes et entendantes, la structure est la première école privée au Burkina Faso à favoriser l’éducation inclusive.  Bien qu'une attention particulière soit accordée aux enfants handicapés, l'école est aujourd’hui devenue un espace ouvert et accueillant pour les enfants qui ont dû fuir les conflits.

 

Des frais de scolarité annuels qui s’élèvent à environ 300 $, mais subventionnés par des partenaires gouvernementaux ou des ONG telle que Light for the world, qui assure également divers formations de manière bénévole. Le CEFISE va encore plus loin puisque un dispositif d’insertion socioprofessionnelle a été mis en place par le biais d’ateliers, pour les élèves qui ne seraient pas en mesure de suivre une scolarité classique.

Le centre est devenue une alternative et une plus-value pour les enfants qui ont échappés aux conflits, ils ont trouvés un soutien psychologique, des services de soins et un endroit sûr pour étudier aux côtés d'enfants handicapés. Ce dernier élément qui favorise une cohésion entre enfants rencontrant des problématiques diverses, qui sont de plus, bien souvent de confessions religieuses différentes. Nous sommes donc bien loin de la société obscure que veulent imposer les islamistes dans le pays...

 

 

 

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