Faire le Jihad, et revenir en pleurant

December 4, 2017

   

 

   

Les mois passent et se ressemblent pour les jihadistes présents en Irak et en Syrie. Défaites, essouflement de la mobilsation dans les rangs armés, les combattants étrangers se tournent vers l'occident qu'ils ont pourtant quitté, afin de sauver leurs peaux

 

Pourquoi ils sont partis ?


Dès 2014 la stratégie de Daech pour peupler son califat auto-proclamé, a été d’inciter les musulmans du monde entier à faire leur hijra, dans des territoires conquis en Irak-Syrie. Les terroristes ont décrit ces lieux, comme étant idéals pour les croyants musulmans, qui veulent vivre en accord total avec leur foi. Pour leur faire croire à cela, ils ont fabriqué des vidéos montrant de gentils bienfaiteurs aidant des enfants souriants, des commerces en pleine croissance, des habitants en harmonie avec leur pratique religieuse, mais également des scènes de fraternité entre jeunes combattants victorieux. Tout cela agrémenté par des images de gros 4x4 et d'armes lourdes. Rien ne semblait leur manquer, ni les « frères », ni les épouses, ni les maisons spacieuses, ni la gloire. Pas même du Nutella. 

 

Pourquoi ils reviennent ?


Nourris à la propagande, de nombreux jihadistes ont eu du mal à accepter la réalité. Dureté du combat, traumatismes, amputations, manque d’hygiène, de santé, injustices variées dans la hiérarchie, racisme des combattants saoudiens pour toute personne incarnant une autre « arabité » que la leur, bombardements de la coalition… Le terme « revenant » décrit assez bien l’état de morts vivants, dans lequel des jihadistes reviennent. Mais il y a bien d’autres raisons.

 

Certains jihadistes, qui s’attendaient à des combats hollywoodiens, ont été relégués à des tâches secondaires (nettoyage, intendance, communication), et on sait que les Français, parce que mal considérés, ont été nombreux à y être soumis. D’autres ont mal supporté de voir des enfants, avec qui ils sympathisaient, partir se faire tuer l’année d’après parce que du poil leur avait poussé au menton. D’autres encore n’ont pas digéré que leurs amis de quartier avec qui ils sont partis au « Cham », ont été tués pour avoir voulu fuir, ou punis sévèrement pour des cigarettes qu’un précédant commandant leur avait pourtant laissé fumer. Les femmes quant à elle n’ont plus supporté d’être traitées comme de la chair à reproduction, tandis que leur(s) mari(s) servaient de chair à canon.

Share on Facebook
Share on Twitter
Please reload